CCB - Collège Coopératif en Bretagne : formation continue, recherche-action coopérative
 

CCB Info. N°3 Mars - Avril 2000
L'actualité du Collège Coopératif en Bretagne

EDITO

RECHERCHE ET RECHERCHE-ACTION

Le Collège Coopératif précise que les étudiants doivent adopter "une démarche de recherche-action qui implique une construction d'ensemble cohérente favorable au tissage théorie/pratique". L'évaluation du mémoire qu'ils doivent présenter tiendra compte de la mise en oeuvre d'une méthodologie de recherche-action.

La recherche-action (son inventeur, K. Lewin) a secoué les préjugés expérimentalistes depuis plus de cinquante ans. Elle a associé les praticiens à la recherche et les chercheurs à la pratique, sans toutefois qu'ils ne perdent totalement leurs différences. Mais qu'entend-on précisément par l'expression "recherche-action"?
Certains la désignent comme "une pâte à modeler qui prendrait la forme des enjeux étudiés". Autrement dit, elle serait malléable et indéfinissable.


Charles Roncin, Professeur à l'Université Rennes2,
Président du Conseil Scientifique du CCB

D'autres tendent à la confondre avec la recherche académique. Enfin, il y a ceux qui, tout en précisant qu'il s'agit d'une expression malheureuse, recon- naissent qu'on ne peut pas s'en passer. Mon propos ne prétend pas traiter la question de façon exhaustive. Cependant, pour tenter d'y voir un peu plus clair, il semble nécessaire de mettre en contraste sur plusieurs points, recherche académique et recherche-action, en évitant surtout de les confondre.
Tout d'abord, je voudrais préciser quelques unes de leurs caractéristiques communes.
Les méthodesEn premier lieu, on peut dire que les méthodes utilisées par les deux types de recherche sont identiques, même si on peut considérer qu'en recherche-action celles-ci sont plus variées, à l'instar des problématiques d'ailleurs.

Le sens déconstruit et reconstruit En second lieu, dans les deux cas, le chercheur passe par une déconstruction du sens (détour théorique). Pour utiliser le langage de Desroche, il s'agit de sortir de l'objet, puis de travailler à distance, pour enfin y revenir en ayant reconstruit un autre sens.

Implication, distanciation, objectivité

Au siècle des Lumières, l'implication était considérée comme un obstacle à l'idéal d'objectivité, de transparence scientifique. Mais dès le début du siècle, une importante révolution (dans le sens de révolution copernicienne) s'est effectuée dans les sciences dites exactes comme la chimie et la physique : le relativisme d'Einstein. Ce que l'on peut retenir aujourd'hui, c'est que dans la recherche académique, le chercheur est surtout observateur et tend à traiter ce qui se passe comme un objet et non comme une ressource. La coupure entre chercheur et acteur est effective. Par contre, en recherche-action, nous avons à faire à un observateur/participant qui ne peut faire abstraction de ses valeurs, de son jugement…. Mais peut-on y parvenir ? Sa distanciation se réalise pourtant, mais très progressivement par rapport à ses a priori, aux évidences inhérentes au champ étudié dont il fait partie. Finalement, l'implication ne peut plus constituer (en sciences humaines en tout cas) une caractéristique permettant de distinguer les deux types de recherche. Ainsi, en sciences de l'éducation ou en psychologie clinique, l'implication du chercheur est largement prise en compte et analysée. D'une entrave à la recherche, l'implication est devenue un outil pour la recherche. Ceci dit, on ne peut confondre recherche académique et recherche-action. Nous devons, au contraire, les distinguer en envisageant quelques points fondamentaux qui nous permettront de les mettre en contraste.Le rapport de la théorieDans la recherche classique, la théorie précède toujours l'expérience. A la limite, elle peut constituer une idéologie de référence. Alors qu'en recherche-action, elle est avant tout un instrument de questionnement (cf. l'évolution de P. Bourdieu : Des "héritiers" à "la misère du monde").

La question de la preuve, le champ disciplinaire

Dans la recherche académique, la recherche de la preuve est centrale (validation des hypothèses). Le chercheur professionnel s'inscrit dans du déjà connu. A contrario, la seconde s'inscrit plus dans la découverte, elle travaille sur de l'hétérogène, du pluriel, de l'impur (enjeux, désirs), alors que la première fonctionne sur la pureté (Ardoino). En ce sens, la recherche sur les pratiques a bouleversé la recherche classique en refusant d'éliminer ce qui gêne et en cherchant les moyens pour traiter ces "impuretés". Dans le même ordre d'idée, dans la recherche classique, il y a préaffectation à un champ disciplinaire donné (cf. les grands conflits rencontrés en psychologie sociale par exemple). La recherche-action, elle, va rencontrer "de l'autre" que le chercheur ne peut préaffecter (est-ce un problème de psychologie individuelle, de système social…?), on n'en sait rien a priori. D'où la nécessité de construire des systèmes multiréférentiels.

La décontextualisation

Dans un cas, le chercheur doit "sortir de chez lui" pour aller poser des questions (d'où le type d'outil : questionnaire…). Les données obtenues ne prendront sens qu'une fois rapatriées au laboratoire. Dans l'autre, le sens émerge progressivement du contexte même de la recherche, au cours de l'action.

La temporalité

Dans la recherche académique, nous observons un volontarisme rationnel chez le chercheur professionnel. Au contraire, dans la recherche-action, le chercheur n'est plus maître de la temporalité. C'est la temporalitédu terrain qui l'emportera, quelque soit son objectif. Ici, nous avons du temps mesuré, spatialisé (de l'homogène), là de la durée (de l'hétérogène).

Une condition épistémologique

En recherche-action il paraît indispensable de reconnaître que le savoir est multiple (diversité et pertinence). A côté des savoirs académiques (théoriques, savants), il existe aussi des savoirs issus de l'expérience, de l'action (les savoirs professionnels, expérientiels…). On pourrait y ajouter les savoirs existentiels (Barbier). Ces différents savoirs sont toujours en interaction, ils doivent s'interroger mutuellement (croisement dialogique), les critères de pertinence étant évidemment spécifiques aux uns et aux autres (critères logiques, d'efficacité…).

Les savoirs produits

Dans les deux types de recherche, il y a production de savoirs mais, dans le cas de la recherche académique ces derniers sont réputés universalisables, stabilisés. Dans la recherche-action les savoirs co-construits, issus de l'action, sont dits locaux et non stabilisés. Dans l'une, il y a effacement des techniques qui ont permis de les produire ; dans l'autre, les processus de production sont analysés. On pourrait ajouter que les destinataires sont généralement différents.

Pour conclure provisoirement, disons que s'il n'y a pas de différence ontologique entre la recherche académique et la recherche-action, cette mise en perspective, trop rapide certes, a permis de mettre en lumière l'originalité de chacune. Dans la recherche-action nous retiendrons fondamentalement le refus de tout ramener à l'unité, l'homogénéité, à l'universalité. Elle a contribué à transformer les modes de pensée, de connaissance, à adopter d'autres optiques de lecture, produit des savoirs nouveaux avec effets sur les champs d'intervention.

Charles RONCIN

SUR LE NET

Un guide d'utilisation des moteurs de recherche sur Internet
Les moteurs de recherche sont des outils incontournables pour effectuer une recherche sur Internet. Aussi, cette nouvelle page sur le site Web du CCB permet d'appréhender les notions de base nécessaires à leur utilisation.

Adresse : http://www.ccb-formation.fr/moteurs.htm

Répertoire des mémoires

Nouveau : la rubrique "répertoire des mémoires" du site Web du CCB propose maintenant une recherche par mots clés sur les 4èmes de couverture des mémoires de DUPITH (les autres diplômes seront progressivement intégrés à cette même base de données).

Adresse : http://www.ccb-formation.fr/memoires

Intranet

Pour faire face à l'augmentation du nombre de pages disponibles et permettre une navigation plus rapide, la mise en page de l'Intranet du CCB a également été totalement modifiée.

Adresse : http://www.ccb-formation.fr/intranet.htm

Contact : Eric Deshayes au 02.99.59.62.60 ou eric.deshayes@univ-rennes2.fr

EDITION

Les actes du Forum de Printemps 1999 "Professionnels et bénévoles"
Les actes du Forum de Printemps 1999 "Professionnels et bénévoles" ont été publiés. Il est possible de commander une version papier ou d'effectuer un téléchargement à partir du site Intranet du CCB.
Contact : Eric Deshayes au 02.99.59.62.60 ou eric.deshayes@univ-rennes2.fr

ACTUALITE


Nouvelle formation


La première promotion des animateurs d'atelier d'écriture accueille deux écrivains : Pascal Dessaint et Patrick Bouvet.

Conseil scientifique

Lors de sa séance du 20 janvier dernier, le Conseil Scientifique a approuvé les procès-verbaux de soutenances : DHEPS-DUPITH-DUGS-DHEPE DE DEPAD. Il a par ailleurs engagé une réflexion à propos des orientations pédagogiques et scientifiques du Collège Coopératif en Bretagne, réflexions qui seront poursuivies lors du séminaire commun aux membres du Conseil Scientifique et des Conseils Pédagogiques et qui aura lieu en MAI 2000.

Du Groupement des Collèges à l'UCE

Créé en 1993 pour répondre à des enjeux de coordination, de mutualisation et de transfert d'ingénierie de formation, le Groupement des Collèges Coopératifs, donne aujourd'hui une nouvelle impulsion à son projet en cherchant une plus grande lisibilité de ses actions et en l'inscrivant dans une dynamique européenne.

Au plan national tout d'abord, le Groupement engage un plan de communication afin de valoriser davantage les réalisations des quatre Collèges en matière de formation et de recherche. De plus, le développement des compétences et des synergies entre les équipes pédagogiques est recherché notamment à travers la mise en place de groupes de travail et de séminaires thématiques (les métiers de l'insertion en 1999 ; la valorisation des recherches en 2000).

Au plan transnational ensuite, le groupement a pris l'initiative de la création de l'UniversitéCoopérativeEuropéenne –UCE– Université-réseau dont l'ambition est de fédérer les partenaires impliqués dans différents programmes européens afin d'élaborer des outils et des contenus pédagogiques communs et de promouvoir les formations et les recherches.

Site web de l'UCE (en cours de construction) : www.universite-cooperative.org

Contact : Alain Penven, Secrétaire général du Groupement des Collèges, au 02.99.14.14.40 ou alain.penven@univ-rennes2.fr

Election des délégués des étudiants

DHEPS-APS promotion 35

Titulaire : LEBOUC Jeanne-Françoise, Cadre infirmier

Suppléant : CABANIS Daniel, Chargé d'études domaine habitat

DUPITH Promotion 7

Titulaire : FOUQUET Véronique, Chargée de soutien social

Suppléant : GICQUEL Yvon, Educateur technique spécialisé

L'élection du délégué général des étudiants (titulaire et suppléant) aura lieu le 12 avril lors de la pause déjeuner du FORUM DE PRINTEMPS.

DHEPS

Séminaire commun aux deuxième et troisième années sur le thème "Les représentations sociales" :


Conférence de Nicolas Roussiau, Maître de Conférence en Psychologie sociale à l'Université de Rennes 2

RECHERCHE D'ACTEURS DHEPS

Olivier ADAM : L'évaluation appréciative par la médiation entre coopération, sens et citoyenneté – Pour une évaluation exploitable par les éducateurs et les rééducateurs au sein d'un établissement à caractère médico-social
Coopérateur de recherche : Jacques MORIN, MC Sciences de l'éducation-Rennes 2"Mesurer, connaître, obtenir des informations par le biais de l'évaluation est devenu depuis le début des années quatre-vingt un élément stratégique incontournable dans le secteur industriel. Le secteur sanitaire et social semblait en dehors de cette nouvelle préoccupation. La crise de l'état providence ainsi que les difficultés de financement de la sécurité sociale vont propulser la question de l'évaluation dans le secteur médico-social.Quelle attitude adopter face à cette nouvelle demande ? Faut-il avoir peur de l'évaluation ? Quels sont les enjeux ? Est-il possible de concevoir une évaluation acceptée par les travailleurs sociaux et plus particulièrement les éducateurs spécialisés et rééducateurs du secteur médico-social ?

La recherche tente de répondre à ces interrogations et montre en quoi l'évaluation appréciative par la médiation propose une nouvelle forme d'ingénierie de l'évaluation qui concilie coopération et évaluation."

Sylviane ORHAN : L'enquête sociale en audience d'assistance éducative – Logiques d'acteurs sur la "scène" judiciaire

Coopérateur de recherche : Claude BOUCHARD, MC Psychologie-Rennes 2"L'enquête sociale en assistance éducative est l'un des moyens d'investigation à la disposition du magistrat pour instrumentaliser sa décision. Cette mesure ouvre un champ d'interrogation et d'écoute.

L'enquêtrice sociale, auxiliaire de justice dans la protection de l'enfance, participe à produire du débat contradictoire. La scène judiciaire est faite d'autre chose que de logique procédurale purement judiciaire. En audience, lieu institué, lourd de signifiants, l'enquêtrice sociale, l'avocat et le juge des enfants s'offrent à un jeu d'une incommensurable réciprocité que nous avons choisi d'explorer.

L'évolution de la législation permet une compréhension de ce que nous interrogeons aujourd'hui. Une mise en perspective historique sur l'émergence de ces trois métiers, enquêtrice sociale-avocat-juge des enfants, et sur le dispositif institutionnel dans lequel ils s'inscrivent préside à la recherche. La méthode de l'observation participante, inspirée de l'ethnométhodologie, permet l'écriture d'un scénario de ce "huis-clos" qui les réunit.

La psychologie sociale, la théorie psychanalytique du groupe et de l'institution viendront étayer les théories socio-juridiques et plus particulièrement le concept de processus de décision complexe afin d'étudier le rôle de l'enquêtrice sociale dans ce processus.

A l'issue de ce travail nous pouvons proposer de nouvelles réflexions et une discussion sur la pratique de l'investigation socio-judiciaire."

Mémoires à consulter au CCB.

Contact : Eric Deshayes au 02.99.59.62.60 ou eric.deshayes@univ-rennes2.fr

A NOTER

En projet pour septembre/octobre 2000

Une nouvelle promotion du DHEPS FIF (Formateur et Ingénierie de la formation).
Contact : Claude Hooge et Jean-Luc Blaise au 02.99.14.14.37 ou jean-luc.blaise@univ-rennes2.fr

La troisième promotion du DHEPE Pratiques Managériales.
Contact : Paul Ondongo au 02.99.14.14.38 ou paul.ondongo@univ-rennes2.fr

La première promotion du DESS.ES.DS(Economie Sociale et Développement Solidaire)
Contact : Alain Penven au 02.99.14.14.40 ou alain.penven@univ-rennes2.fr


 

 

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